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Info pour les patients

Les débuts : La petite histoire veut que cette méthode ait vu le jour lors d’une observation clinique de Robin McKenzie au milieu des années 50. Par un concours de circonstances, un patient qui souffrait de douleurs sciatiques et que McKenzie avait déjà traité pendant plusieurs séances s’est retrouvé par erreur dans une posture de fin d’amplitude d’extension lombaire. Lorsque McKenzie s’en rendit compte, le patient avait déjà passé plus de quinze minutes dans cette position et dans le contexte scientifique de l’époque, il avait toute les raisons de penser que ce patient aurait dû être aggravé par cette procédure : en effet c'est en extension que les trous de conjugaison par lesquels les nerfs passent entre les vertébres se ferment, ce qui potentiellement peut pincer une racine nerveuse déjà souffrante. McKenzie eut la présence d’esprit de demander au patient ce qu’il ressentait dans cette posture avant de le ramener en position neutre et sa surprise fut grande d’apprendre que les douleurs avaient disparu dans la jambe, avec un retour de la douleur lombaire qui avait été présente avant que n’apparaisse la douleur sciatique. Plus surprenant encore, cette modification de la topographie des symptômes persista au retour en position debout. En basant son traitement sur des postures similaires, McKenzie fut le témoin d’une disparition complète des douleurs de ce patient avec un retour rapide à une fonction complète. 

Intriguré par cette observation, McKenzie commença à expérimenter avec des techniques en extension pour les patients qui venaient le voir pour des douleurs lombaires.  Il se rendit alors compte que de très nombreux patients répondaient très favorablement à des techniques simples, qu'ils pouvaient facilement reproduire à la maison.  Un grand nombre d'entre-eux répondaient effectivement très bien en extension, alors que ce mouvement était à l'époque (et encore trop souvent aujourd'hui...) considéré comme dangereux par les professionnels de santé.  D'autre patients avaient besoin de faire des exercices dans d'autre directions, en inclinaison latérale, en rotation, et parfois aussi, bien que rarement, en flexion.  Pour déterminer la direction dans laquelle chaque patient devait s'étirer, McKenzie développa un protocole original, basé sur la répétition de mouvements.  Pendant ces tests, il est fréquent que la douleur change de localisation.  Si la douleur se rapproche du centre du dos (phénomène de centralisation), cela indique que l'exercice est adapté pour le patient en question.  Avec les années, McKenzie a pu adapter cette approche aux autres étages de la colonne vertébrale, c'est à dire à la région dorsale et cervicale.  Les résultats furent tout aussi concluants.
Au début des années 80, McKenzie fut invité par un groupe de kinésithérapeutes américains pour leur apprendre sa technique.  A partir de là, ce qui était devenu "la méthode McKenzie" connut un succès rapide sur le continent nord américain.  Par le biais des pays de l'Europe du nord, très anglophone, la méthode McKenzie a par la suite été enseignée en Europe. 

Actuellement, la méthode McKenzie est enseignée dans 26 pays, et plus de 70 000 kinésithérapeutes ont été formés de par le monde. 

Concept d'auto-traitement:   

Le concept d'auto-traitement de base de l'approche McKenzie, est que la plupart des patients peuvent apprendre à "auto-traiter" leurs douleurs vertébrales ainsi que celles des articulations des membres.  Le patient doit devenir l'acteur principal de sa propre guérison.

Evaluation McKenzie:

L'évaluation utilisée dans la méthode McKenzie repose sur un interrogatoire spécifique et sur un certain nombre de tests mécaniques.

Lors de l'interrogatoire, le thérapeute formé à cette approche passera du temps à comprendre les contraintes que vous placez habituellement sur votre colonne vertébrale dans votre travail, dans vos activités domestiques et pendant vos loisirs.  Il retracera avec vous l'historique de l'épisode en cours et de vos antécédents.  Par dessus tout, il lui sera particulièrement utile de savoir quelles sont les activités, positions, mouvements qui vous aggravent ou qui sont ceux pendant lesquels vous ressentez vos symptômes.  L'interrogatoire a aussi pour but d'indentifier d'évenuelles contre-indications, ou les signes d'alerte qui indiqueraient que des examens supplémentaires seraient nécessaires.

Prévention des récurences:

Les douleurs mécaniques de la colonne vertébrale sont par nature récurrentes: Elles dépendent des contraintes que vous exercez sur votre dos et sur votre cou dans l'ensemble de nos activités.  Il est fréquent que les épisodes douloureux se succèdent sans raison évidente, ou qu'ils soient en apparence déclenchés par des gestes anodins.  Si c'est votre cas, cela indique clairement que vos douleurs sont l'aboutissement de ce que vous faites avec votre corps toute la journée. Les même causes amènent les mêmes conséquences.  Si vous n'arrivez pas à comprendre et à "gérer" ces contraintes mécaniques, les douleurs continueront à revenir, même si vous allez vous faire traiter par des thérapeutes chevronnés.   

Par conséquent, pour éviter les récurrences, il vous faudra prendre conscience du type de contraintes qui sont responsables de vos douleurs, et apprendre à les gérer.

Cela implique deux lignes d'action :

Apprendre à améliorer votre posture et votre gestuelle, pour limiter les contraintes qui sont mal tolérées par votre corps
Apprendre à faire certains exercices avant d'avoir mal, pour contre-balancer les contraintes délétères que vous ne pouvez par éviter.  La métaphore qui décrit le mieux la façon de gérer les contraintes appliquées sur la colonne vertébrale est celle du "crédit / débit".  Les mouvements et les postures qui tendent à ramener les douleurs sont considérées comme du "débit".  Pour éviter d'être à découvert sur votre compte santé de la colonne, il faudra rajouter du "crédit" régulièrement sous la forme de mouvements contraires à ceux qui aggravent (et qui sont les mouvements qui auront été utilisés pendant la phase de traitement initiale dans le système McKenzie).

L'examen physique inclut un examen de la posture assise et debout, l'examen des amplitudes articulaires, la recherche de signes neurologiques si vous avez une sciatique, une cruralgie ou une névralgie cervico-brachiale, et l'examen des articulations des membres si nécessaire.  La partie la plus spécifique de l'examen McKenzie repose sur la répétition de mouvements et sur l'observation de l'effet qu'ils produisent sur vos symptômes et sur vos blocages articulaires (Test des mouvements répétés).  En complément, des tests basés sur le maintien de posture seront aussi utilisés, ainsi que des tests spécifiques (des tests de provocation sacro-iliaques par exemple).

Ensemble, l'interrogatoire et l'examen permettent d'arriver à un diagnostic mécanique et à une classification des patients par syndrome.  A chaque syndrome correspond une stratégie thérapeutique spécifique.  


Traitement McKenzie:

La clé du traitement préconisé dans la méthode McKenzie c'est que le patient soit l'acteur principal de sa guérison.  Il sera impliqué à tous les stades du traitement :

Dès le départ, il participe à l'évaluation parce qu'on va lui demander d'observer les postures, mouvements et activités qui produisent ses douleurs et que c'est lui qui devra mettre en oeuvre les modifications posturales et ergonomiques préconisées suite à l'évaluation pendant la séance de traitement.

Le traitement comporte le plus souvent des exercices que le patient devra effectuer plusieurs fois par jour (chaque séance d'exercice ne dure habituellement qu'une minute ou deux).  De nombreux patients arrivent à débloquer leurs mouvements initialement limités et douloureux et à abolir leurs douleurs uniquement avec ces exercices.  Comme nécessaire, le thérapeute proposera des progressions dans les exercices, avec en fin de progression des mobilisations passives (forces exercées par le thérapeute).

Le syndrome le plus courrant que l'on identifie à l'issue de l'évaluation McKenzie se dénomme syndrome de dérangement : un blocage/un déplacement est présent dans un ou plusieurs segments mobiles de la colonne.  Il importe initialement de réduire le dérangement avec le ou les exercices les plus adaptés pour un patient donné.  Une fois le dérangement réduit, la deuxième phase du traitement repose sur le maintien de la réduction de ce dérangement.  Dans un troisième temps, il sera possible de récupérer tous les mouvements (surtout ceux qui aggravaient initialement) et de reprendre les activités habituelles graduellement.